Une esthétique de l'absence. Le cas de Mallarmé / G. Testa. ((Intervento presentato al convegno Colloque Groupe d'études sartriennes tenutosi a Paris nel 2021.

Une esthétique de l'absence. Le cas de Mallarmé

G. Testa
Primo
2021

Dans L’Imaginaire, Sartre trace le parcours annihilant de la conscience imageante qui, tout en posant la réalité comme point de départ, détruit l’Être en faveur d’une intentionnalité néantisante : l’objet visé n’existe qu’au niveau de son état fictif, perpétuellement réduit en cendres et perpétuellement recréé sous la forme d’un précis brouillard mental. Absence de la réalité, donc, comme condition préalable pour la création de l’Irréel : cette proposition vise à expliciter comment la destruction de la présence est fondamentale chez Mallarmé, auteur longtemps étudié et commenté par Sartre (Mallarmé. La lucidité et sa face d’ombre). L’esthétique sartrienne se fond avec celle du poète, en mêlant biographie et poétique. D’un côté, l’histoire personnelle de Mallarmé est marquée par l’absence physique des vecteurs de la compréhension de la Réalité en toute sa plénitude : la mère du petit Stéphane meurt alors que l’enfant a huit ans, lui empêchant de structurer les outils pour saisir l’Être, lui interdisant de se rapporter au monde objectif. Est-il nécessaire, selon Sartre, un vide personnel, vécu à l’époque enfantine, pour substituer le Néant à l’Être, pour choisir le Rêve à la place de la Réalité ? Est-ce que le rapport de Sartre avec l’absence de son père et de sa mère (si l’on considère Anne-Marie Schweitzer comme Jean-Paul la décrit dans Les Mots, c’est-à-dire une sœur plutôt qu’une figure parentale) a contribué à façonner une théorie plus vaste qui touche à tous les enfants qui se donnent pour imaginaires ? De l’autre côté, la poétique de Mallarmé témoigne d’une absence intrinsèque, à la fois structurelle (le langage destructeur de toute réalité physique : « Je dis : une fleur ! et, hors de l’oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d’autre que les calices sus, musicalement se lève, idée même et suave, l’absente de tous bouquets », l’absence du sens lexical dans le cas du ptyx, le caractère inachevé et incomplet des œuvres mallarméennes) et thématique : Hérodiade, le poème où « c’est la Négation qui se manifeste, avec l’Impuissance, sa conséquence première » (Mallarmé, op.cit.) ; l’Après-Midi d’un Faune, où les visions du faune se rapprochent énormément aux images hypnagogiques décrites dans L’Imaginaire. En conclusion, ce que cette proposition désire montrer est l’importance du rôle de l’absence, élaboré par Sartre à partir des études théoriques de L’Imagination et de L’Imaginaire, dans la définition de l’esthétique mallarméenne : que ce soit une absence réelle ou poétique, elle est la marque incontournable de la rêverie et du choix imaginaire.
Settore L-LIN/03 - Letteratura Francese
Une esthétique de l'absence. Le cas de Mallarmé / G. Testa. ((Intervento presentato al convegno Colloque Groupe d'études sartriennes tenutosi a Paris nel 2021.
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